Le Réemploi : Construire avec ce qui existe déjà
Bois de charpente, pierre, menuiseries, équipements techniques, dalles, isolants : nombre de matériaux ont une seconde vie à vivre. Nous accompagnons les maîtres d’ouvrage, en construction comme en rénovation et déconstruction, dans l’identification, l’évaluation et l’intégration de ces matériaux dans les projets, avec la rigueur technique et assurantielle qu’exige cette filière émergente.
Architecte : Dauphins Architecture
Architectes : Dangas & Laurence et Dolmen Architectes
Notre expertise pluridisciplinaire
Le réemploi n’est pas un lot ajouté au projet, c’est une démarche qui irrigue toutes les disciplines : bois de charpente, pierre, dalles, menuiseries, équipements techniques, luminaires, isolants supposent chacun des arbitrages techniques distincts.
Il change aussi la conception. Plutôt que de commander du neuf depuis un cahier des charges, on part des ressources disponibles sur le site ou le territoire et l’on adapte le projet. Cette inversion se prépare dès l’esquisse, jamais à six mois du chantier.
Éviter la production de neuf et la mise en décharge de ressources valorisables est l’un des leviers carbone les plus immédiats d’un projet. La coordination entre structure, génie climatique, électricité, acoustique, économie de la construction, VRD et paysage identifie les gisements, qualifie les matériaux retenus et sécurise leur intégration, y compris en déconstruction sélective.
Acteur engagé de l’ingénierie
Chaque projet façonne durablement son environnement.
Nous portons cette responsabilité au cœur de nos choix techniques : chercher la solution la plus sobre, refuser la facilité, interroger chaque hypothèse de conception.
La décarbonation ne se décrète pas : elle se construit, chaque jour, sur chaque projet.
À la pointe de la technologie
Le diagnostic PEMD (Produits Équipements Matériaux Déchets), obligatoire avant démolition depuis 2023, sert de socle pour identifier les gisements et orienter la valorisation. Les plateformes spécialisées (Cycle Up, Backacia, Looploop) complètent les inventaires des sites en déconstruction pour sourcer les ressources d’un territoire. La traçabilité est tenue tout au long du projet, des fiches techniques aux bordereaux de réception.
La requalification des matériaux existants mobilise des outils de diagnostic instrumenté : caméra endoscopique pour les structures cachées, Sylvatest pour qualifier mécaniquement les bois de charpente sans démontage, scléromètre pour la résistance des bétons en place, humidimètre pour la teneur en eau. L’analyse en cycle de vie (ACV) avec la base INIES quantifie le bénéfice carbone du réemploi face au neuf.
Diagnostiquer plutôt que présumer, qualifier plutôt qu’estimer : c’est ce qui sécurise les choix de réemploi face aux contraintes techniques et assurantielles qui pèsent encore sur la filière.
Une ingénierie concrète et utile au service de l’éducation la santé l’immobilier tertiaire l’industrie l’agroalimentaire la pratique sportive l’habitat la culture et du patrimoine projets publics la restauration collective
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Aménagement de la cuisine centrale “Atelier du Goût”
Un cœur culinaire invisible façonne chaque assiette des sept restaurants du groupe, alliant discrétion architecturale et performance énergétique. La récupération de chaleur et l’intégration 3D transforment contraintes en opportunité. Découvrez comment la cuisine centrale réinvente le goût du territoire.
Vos questions
Retrouvez ici les réponses aux questions les plus fréquentes pour mieux comprendre nos expertises, notre accompagnement et la manière dont nous abordons chaque projet.
L’intégration du bureau d’études techniques en réemploi dès la phase DIAG ou ESQ conditionne la faisabilité technique et économique de l’ensemble de la démarche. Le diagnostic PEMD (Produits, Équipements, Matériaux, Déchets), désormais obligatoire avant toute démolition significative en application du décret n° 2021-821, doit être instruit avant que les choix de conception ne soient arrêtés : c’est à ce stade que les gisements récupérables in-situ sont identifiés, que leur potentiel de réutilisation est évalué par rapport aux performances attendues, et que la hiérarchie de valorisation — réemploi in-situ, puis ex-situ, puis recyclage — est documentée. En pratique : attendre l’APS pour aborder le réemploi, c’est risquer de devoir reprendre des partis structurels déjà arbitrés et de réduire la démarche à quelques éléments de second œuvre à faible impact carbone. Sur l’opération Construction de 52 logements à Bassens (DOMOFRANCE, rive droite de Bordeaux Métropole), la politique de réemploi — avec objectif chiffré de part d’économie circulaire traduit en réduction d’empreinte carbone — a structuré les choix de conception des lots fluides, structure bois et second œuvre dès les premières phases d’études.
Le réemploi in-situ consiste à réintégrer dans le projet un élément récupéré sur le même chantier ; le réemploi ex-situ fait appel à des filières spécialisées ou des plateformes de redistribution ; le recyclage transforme la matière pour en faire un nouveau produit. La hiérarchie entre ces trois options n’est pas arbitraire : le réemploi in-situ offre le meilleur bilan carbone (transport nul, traçabilité directe) mais suppose que l’élément récupéré soit techniquement compatible avec le nouveau programme — ce qui se vérifie à partir du diagnostic PEMD et d’une instruction spécifique par lot. À retenir : pour un élément structurel (charpente bois, poteau métal), la compatibilité doit être vérifiée par un calcul de résistance ; pour les équipements de second œuvre (menuiseries, faux plafonds acoustiques, équipements sanitaires), la traçabilité documentaire et le contrôle de performance remplacent la fiche technique fabricant standard dans les CCTP. Sur le Construction du SMICVAL Market de Blaye (SMICVAL, Blaye, déchetterie hybride réemploi/tiers-lieu, 860 m²), pannes et solives bois, bardages, menuiseries intérieures, faux plafonds et équipements sanitaires ont été sourcés dans des filières de récupération locales, en cohérence avec les contraintes ICPE du site.
Le diagnostic PEMD produit un inventaire quantifié et qualifié des éléments récupérables, mais ce document n’est exploitable que si le bureau d’études le traduit lot par lot en prescriptions de conception. Pour la structure, cela signifie vérifier les descentes de charges et la compatibilité des fondations avec des matériaux dont les caractéristiques mécaniques ne sont pas certifiées par un fabricant. Pour les lots CVC et électricité, le bureau d’études instruit la compatibilité entre les équipements issus de filières de récupération et les systèmes neufs auxquels ils s’interfacent — réseaux, régulation, SSI. Point clé : sur la Reconstruction de logements et commerces à Saint-Jean d’Angély (Mairie de Saint-Jean d’Angély / SEMIS, Site Patrimonial Remarquable, 700 m², mandataire ODETEC), le diagnostic PEMD réglementaire a cadré la méthode de déconstruction — dépose pierre par pierre — et les conditions de sauvegarde, stockage et conservation des éléments réemployables, avec des exigences formalisées contractuellement dans les CCTP des lots gros œuvre et structure bois.
Réemployer une charpente bois ancienne en structure pose une question centrale. Comment garantir qu’un matériau dont aucune fiche fabricant n’atteste les caractéristiques présentera la résistance mécanique attendue dans le nouveau projet ? L’absence de classement mécanique normé sur des bois en service est l’un des principaux obstacles techniques et assurantiels au réemploi structurel.
C’est la fonction du Sylvatest. Cet appareil non destructif évalue la vitesse de propagation d’ondes ultrasonores à travers la pièce de bois. Cette vitesse se corrèle directement au module d’élasticité du matériau, qui est lui-même un indicateur fiable de sa résistance mécanique. La mesure se fait in-situ, sans démontage ni prélèvement, sur les pannes, poutres, solives ou poteaux encore en place dans le bâtiment.
En pratique, le Sylvatest s’inscrit dans un protocole plus large. La mesure ultrasonore est complétée par un examen visuel approfondi (état général, nœuds, fentes, attaques d’insectes ou de champignons), un mesurage de la teneur en eau avec un humidimètre, et un repérage des défauts cachés à la caméra endoscopique le cas échéant. L’ensemble permet de classer mécaniquement les pièces et de définir leur champ d’utilisation dans le nouveau projet, qu’il s’agisse de reprises structurelles, de planchers ou de charpentes neuves. Cette compétence reste rare en bureau d’études français.
Le réemploi sur un projet neuf est techniquement réalisable et de plus en plus demandé par les maîtres d’ouvrage engagés dans une démarche d’économie circulaire, sous réserve qu’une source de gisement ex-situ soit identifiée en amont de l’APD. La condition déterminante n’est pas la nature du projet (neuf ou réhabilitation) mais la disponibilité et la qualification des matériaux. Un bureau d’études techniques intervenant en réemploi sur un projet neuf instruit la compatibilité entre les matériaux sourcés dans des filières de récupération et les systèmes conçus en neuf, notamment les interfaces structure et second œuvre et les prescriptions des lots techniques. En pratique, les éléments les plus couramment intégrés dans un programme neuf sont les bardages, menuiseries intérieures, équipements sanitaires et faux plafonds acoustiques, dont le caractère non structurel simplifie la qualification. La démarche de démolition en amont, lorsqu’elle précède la construction neuve sur le même site, est le contexte le plus favorable à un réemploi in-situ à fort impact carbone.