DÉCHETTERIE
Construction du SMICVAL Market de Blaye
2027
SYNDICAT DE COLLECTE ET VALORISATION DES DECHETS MENAGERS (SMICVAL)
860 m²
BLAYE (33)
2 281 870 €
ATELIER D'ARCHITECTURE HEBERT / MICKAËL HÉBERT ARCHITECTE
Voir le siteContexte et enjeux
Le SMICVAL (Syndicat de collecte et de valorisation des déchets ménagers) prolonge à Blaye sa transformation des points d’apport déchets en équipements de proximité repensés. Le SMICVAL Market remplace le format de la déchèterie classique par un lieu hybride qui combine collecte, réemploi et tiers-lieu participatif : usagers, agents et associations partagent un espace de dépose, d’échange et de réparation des matériaux, dans une logique d’économie circulaire. Implanté sur les lots 7 et 8 de la ZAC Hausmann Nord, chemin de Boisredon, le bâtiment de 860 m² s’inscrit sur une emprise extérieure de 3 941 m², à l’interface d’une zone commerciale et d’un tissu pavillonnaire.
Le programme doit concilier deux exigences habituellement difficiles à réunir. D’un côté, le réemploi structure les choix de conception : pannes et solives bois, bardages, menuiseries intérieures, faux plafonds acoustiques et équipements sanitaires sont sourcés dans des filières de récupération, et une partie de la toiture est végétalisée. De l’autre, le site est classé ICPE pour les risques de pollution et d’incendie liés au stockage des matériaux, avec un classement ERP 5ᵉ catégorie : gestion des eaux d’extinction, séparation stricte des flux véhicules légers / poids lourds et protection coupe-feu des locaux DDS et DEEE imposent un cadre technique précis.
Notre mission
Aux côtés de l’Atelier d’Architecture Hébert (architecte mandataire) et de Moonwalk Local (architecte cotraitant), La mission de ODETEC couvre notamment la structure, le VRD, le CVC et la plomberie, ainsi que l’électricité courants forts et courants faibles.
L’angle structurant de la mission tient à la cohérence à maintenir entre les contraintes ICPE et l’ambition de réemploi affichée par la maîtrise d’ouvrage. Cela se traduit dans la conception VRD (gestion des eaux d’extinction, infiltration limitée des sols), dans le dimensionnement structure (charges accrues de la toiture végétalisée et anticipation d’une couverture photovoltaïque ultérieure), et dans les choix électriques. Chaque lot a été calé sur le double cahier des charges : réglementaire ICPE et matériaux issus de filières locales de réemploi.
Les défis techniques relevés
La perméabilité du sol mesurée par essais d’infiltration à la fosse est faible (1 à 23 mm/h, moyenne autour de 6 mm/h), ce qui interdit l’infiltration directe des eaux pluviales et impose un stockage avant rejet régulé. La conception VRD est organisée autour de trois ouvrages complémentaires : un bassin tampon planté de 140 m³ en point bas de la parcelle, qui assure à la fois la régulation à 3 l/s/ha vers le réseau de la ZAC et un rôle de sensibilisation aux milieux humides ; une cuve enterrée de 170 m³ sous le bâtiment pour confiner les eaux d’extinction incendie et les éventuelles fuites de la cuve GNR, isolée par vanne après détection d’hydrocarbures ; et un réseau d’eaux pluviales redondant entre exutoire courant et dérivation pollutions. Le couple bassin / cuve a été dimensionné pour absorber un sinistre majeur sans transfert au milieu naturel.
Le second défi tient à la conception bas carbone d’un bâtiment qui supporte une activité industrielle classée. La structure combine gros œuvre béton et charpente bois, avec un point de vigilance sur la jonction des poteaux extérieurs entre les deux matériaux : transmission des efforts et dilatations différentielles ont été traitées pour préserver la continuité voulue par l’architecte. Plutôt que d’apporter des matériaux neufs, la plateforme bâtiment est réalisée par traitement à la chaux et au liant hydraulique routier des limons argileux du site (matériaux A1), avec une période de prise de 7 à 10 jours sans circulation. Les voiries lourdes utilisent un BBSG 0/10 avec un taux de recyclage cible de 30 %, les stationnements sont en dalles engazonnées pour respecter les surfaces de pleine terre du PLU, et les cheminements piétons sont prévus en pavés de réemploi sourcés selon les gisements disponibles.