GYMNASE
Construction du gymnase Carès Cantinolle à Eysines
2027
COMMUNE D'EYSINES
2 406 m²
EYSINES (33)
5 000 000 €
HESSAMFAR & VERONS ARCHITECTES ASSOCIES
Voir le siteContexte et enjeux
Eysines est une commune de 24 000 habitants au nord-ouest de l’agglomération bordelaise, membre de Bordeaux Métropole et labellisée « Sport Pour Tous » quatre étoiles depuis 2013. Elle dispose d’un tissu associatif sportif particulièrement dense, mais ses deux équipements existants (le COSEC, jouxtant le collège Albert Camus, et la Salle Omnisports du Domaine du Pinsan) totalisent plus de 150 heures d’utilisation hebdomadaires et accueillent ensemble près de 2 500 usagers par semaine. Cette saturation contraint certaines disciplines à se replier sur un gymnase non communal et non règlementaire, bloque le développement de sections jeunes en badminton et en volley, et génère des incompatibilités de plus en plus difficiles à gérer entre associations aux exigences techniques différentes.
Pour répondre à ces besoins, la Commune d’Eysines a engagé la construction d’un nouveau gymnase de type ERP X 3e catégorie sur l’îlot C4 de la ZAC Carès Cantinolle, une opération d’aménagement de 17,3 hectares en cours de réalisation depuis 2016. Ce secteur, profondément requalifié depuis l’arrivée de la ligne D du tramway en 2020, accueillera à terme 696 logements et un groupe scolaire. En s’implantant dans ce contexte de mutation urbaine, le gymnase doit à la fois répondre à la pression sportive de la ville, anticiper son fonctionnement futur avec le groupe scolaire, et contribuer à l’animation et à l’identité d’un quartier en construction. L’opération s’est déroulée dans le cadre d’un concours de maîtrise d’œuvre, avec une enveloppe travaux d’objectif fixée à 5 000 000 € HT pour 2 406 m² de surface de plancher.
Notre mission
Odetec est intervenu en maîtrise d’œuvre TCE, en co-traitance avec Hessamfar & Vérons Architectes Associés (architecte mandataire), pour une mission de base étendue à l’EXE couvrant l’ensemble des phases de conception et de suivi : ESQ, APS, APD, PRO, ACT, VISA, DET, AOR. Trois missions complémentaires ont été associées au contrat : coordination SSI, ingénierie environnementale, et étude des coûts d’exploitation et de maintenance (CEM). Le périmètre technique couvre l’ensemble des lots du bâtiment, incluant notamment la structure bois et béton, le CVC, la plomberie, les courants forts et faibles, la VRD, l’acoustique, le photovoltaïque et l’ingénierie thermique avec simulation thermique dynamique (STD).
L’angle structurant de la mission d’Odetec a été l’intégration des contraintes environnementales du site dès les premières phases de conception. L’opération cumule des enjeux hydrogéologiques, géotechniques et écologiques lourds (périmètre de protection rapprochée d’une source d’eau potable, calcaires affleurants, présence de terres polluées) qui ont directement conditionné les partis constructifs retenus : structure bois en ossature légère pour limiter les charges sur les fondations, gestion des eaux pluviales par collecte et rétention sans infiltration, et réalisation d’un plan de gestion des terres dans le cadre d’une tranche optionnelle du marché de maîtrise d’œuvre.
Les défis techniques relevés
L’îlot C4 de la ZAC est situé dans le périmètre de protection rapprochée de la source de Cantinolle, qui alimente le réseau d’eau potable de Bordeaux Métropole avec un débit autorisé de 100 m³/h. Cette servitude impose à la fois l’étanchéité parfaite de toutes les canalisations, l’interdiction d’infiltrer les eaux de ruissellement dans le sol, et une profondeur d’excavation et de fondations restreinte. L’étude géotechnique G1 a mis en évidence des calcaires affleurants rendant les fondations profondes incompatibles avec le projet : la solution retenue consiste en des semelles rigidifiées en béton armé avec planchers bas portés, une configuration qui a directement orienté le parti structurel vers une ossature bois, solution légère permettant de limiter les charges descendantes et de rester dans l’enveloppe fondations admissible. En parallèle, les analyses chimiques des sols ont révélé des dépassements de seuils ISDI sur certaines zones de l’emprise en 0-30 cm : les terres concernées ne pouvant être évacuées comme déchets inertes, Odetec a intégré au contrat une tranche optionnelle dédiée à l’élaboration et au suivi du plan de gestion des terres polluées, en coordination avec l’AMO environnement de l’aménageur.
La salle d’évolution (32 m × 44 m, 9 m de hauteur libre) concentre les deux principaux défis de confort intérieur. Sur le plan acoustique, l’objectif fixé par la norme NF P 90-207 impose une durée de réverbération comprise entre 1,2 et 2,4 secondes pour ce volume : un modèle acoustique 3D a permis de dimensionner précisément la répartition des absorbants, combinant plafond en bac acier perforé avec laine minérale, panneaux OSB perforés en partie haute des murs longitudinaux, et sol sportif souple limitant la transmission des bruits de choc vers les locaux sensibles. Sur le plan thermique, l’absence de réseau de chaleur à proximité et les contraintes du site ont conduit à écarter la géothermie profonde et à concentrer la conception sur des solutions passives : forte inertie de la structure, facteurs solaires très bas sur les façades exposées est, sud et ouest pour supprimer la surchauffe sans recourir à des protections mobiles en façade, et ventilation nocturne pour recharger la masse thermique hors périodes d’occupation. L’installation photovoltaïque en toiture, dimensionnée en autoconsommation avec revente de surplus, a été validée par une étude technico-économique comparative menée en phase APD.