MUSÉE
Création du Centre d’interprétation Michel de Montaigne
2028
COMMUNAUTE DE COMMUNES CASTILLON PUJOLS
1 135 m²
ST MICHEL DE MONTAIGNE (24)
3 566 652 €
SAPIENS ARCHITECTES
Voir le siteContexte et enjeux
À Saint-Michel-de-Montaigne, en Dordogne, aux confins du Périgord et de la Gironde, la Communauté de Communes Castillon-Pujols engage la création d’un centre d’interprétation dédié à la pensée de Michel de Montaigne, en dialogue avec le château qui domine le bourg et où l’humaniste rédigea les Essais. L’équipement totalise 1 135 m² (769 m² de construction neuve et 366 m² en réhabilitation) articulés autour d’un parc, d’un stationnement avec dépose bus et de stations d’interprétation disséminées dans le bourg, sur 8 218 m² d’aménagements extérieurs.
Le projet conjugue deux enjeux. Patrimonial d’abord : faire entrer en conversation un nouvel équipement avec le tissu villageois et le paysage viticole sans en altérer la lecture, en s’inspirant de la typologie des hameaux ruraux organisés autour d’une cour et en mobilisant des matériaux issus du site. Programmatique ensuite : sous un même geste architectural, l’opération doit accueillir trois usages aux exigences contrastées, un parcours muséographique (hall, expositions permanente et temporaire), un auditorium et une bibliothèque, chacun appelant des conditions de confort, d’acoustique et d’occupation différentes. L’enveloppe travaux validée en APD s’élève à 3,57 M€ HT, pour une livraison à l’horizon 2028.
Notre mission
Au sein du groupement de maîtrise d’œuvre piloté par SAPIENS Architectes (mandataire), ODETEC intervient en bureau d’études techniques avec une mission de base étendue à l’EXE. Le périmètre couvre notamment la structure, les VRD, le CVC et la plomberie, l’électricité courants forts et faibles, et l’acoustique, complétés par une mission d’ingénierie environnementale et l’économie du second œuvre. Lauréates du concours en 2025, les équipes ont conduit les phases ESQ, APS et APD ; les études se poursuivent en phase PRO en vue d’une consultation des entreprises à l’automne 2026.
L’angle structurant de la mission est environnemental. Plutôt qu’un musée techniquement chargé, le bâtiment a été conçu comme un système bioclimatique où l’enveloppe et la matière font l’essentiel du travail : doublages en béton de chanvre et enduit terre crue, isolants biosourcés mêlant chanvre, lin et coton recyclé, parois de site, ventilation naturelle et inertie articulées pour viser la conformité RE 2020 sans climatisation active, alors même que l’opération n’y est pas réglementairement soumise.
Les défis techniques relevés
Le programme imposait un équipement culturel sous un climat aquitain où les périodes chaudes s’intensifient, sans recours à un système de refroidissement actif. La réponse traite trois leviers comme un triptyque indissociable : maîtrise des apports solaires par l’orientation et des protections extérieures, avec un ratio de surface vitrée calé entre 25 et 30 % réparti pondéré sud/est/ouest/nord ; inertie renforcée par les doublages en béton de chanvre et enduit terre crue, capables d’écrêter les variations thermiques par changement de phase ; ventilation naturelle assurée par windcatchers, quatre attrape-vents implantés sur le hall et les salles d’exposition permanente et temporaire, dimensionnés pour porter le brassage jusqu’à 50 volumes/heure en surventilation nocturne. La double flux est réservée à l’auditorium, dont l’usage intermittent ne permettait pas de tenir les débits par voie naturelle. La pompe à chaleur de chauffage est dimensionnée réversible, pour ouvrir une option de rafraîchissement si l’évolution climatique l’impose à terme.
Le second défi est apparu entre les phases APD et PRO. La version V2 de l’étude géotechnique G2 AVP a révélé un bon sol situé entre 4 et 7 m de profondeur, rendant insuffisant le principe initial de massifs isolés sur puits. La solution a été réorientée vers des fondations sur micropieux, étendues aux trois objets bâtis (centre d’interprétation, auditorium, bâtiment littéraire).