HÔPITAL / CENTRE HOSPITALIER / CHU
Restructuration de l’unité psychogériatrique du centre Hospitalier de Vauclaire
2026
GROUPEMENT HOSPITALIER DE TERRITOIRE DORDOGNE
1 405 m²
MONTPON-MENESTEROL (24)
2 970 000 €
ARCHISTUDIO
Voir le siteContexte et enjeux
L’unité de psychogériatrie RITTI du Centre Hospitalier de Vauclaire occupe depuis 1950 un bâtiment sur le domaine de l’abbaye de Vauclaire, à Montpon-Ménestérol (24). Elle assure la prise en charge de 20 patients âgés atteints de démences et de troubles du comportement associés, population dont la moyenne d’âge avoisine 75 ans et dont le taux d’occupation dépassait 90 % dans les années précédant le projet. Le bâtiment avait cumulé des déficits fonctionnels et techniques majeurs : chambres en dessous des normes de surface (moins de 10 m² pour la plupart des chambres individuelles, sanitaires collectifs insuffisants), absence totale d’isolation des parois verticales, ventilation défaillante dans les chambres, installations électriques et SSI en état de non-conformité, menuiseries en simple vitrage sur une majorité des locaux.
L’opération porte sur 1 405 m² SDO, combinant la restructuration de 830 m² du bâtiment existant et la construction d’une extension neuve de 575 m². Elle maintient la capacité à 20 lits tout en y intégrant les locaux de l’Équipe Mobile d’Évaluation des Troubles Psychiques de la Personne Âgée (EMEPPA) et en reconfigurant l’ensemble du service autour d’un environnement thérapeutique adapté : chambres individuelles avec sanitaires privatifs PMR, jardin thérapeutique clos, salle d’apaisement, salle d’activités polyvalentes et salles d’activités de kinésithérapie. L’enveloppe prévisionnelle est fixée à 2 970 000 € HT (valeur janvier 2023), avec une livraison prévue en 2026.
Notre mission
Odetec est intervenu en maîtrise d’œuvre technique, en co-traitance avec ARCHISTUDIO (architecte mandataire), depuis les phases de conception jusqu’aux études d’exécution. La mission, étendue à l’EXE, couvre l’ensemble des lots techniques, notamment CVC et plomberie-sanitaire, électricité courants forts et courants faibles, sécurité incendie (SSI) et VRD. L’inclusion de l’exécution à la mission de base a imposé dès les phases amont un niveau de détail élevé sur les réservations, les interfaces de lots et la coordination technique, en cohérence avec les contraintes spécifiques d’un ERP de type U.
L’enjeu central de la mission a été de traiter simultanément deux référentiels réglementaires distincts (la RT existant par éléments pour la partie restructurée, la performance minimale E2C1 pour la partie neuve) sur un programme dont les exigences de confort, de sécurité et de sûreté sont particulièrement denses. Sur ce type d’unité, la conception technique ne se réduit pas à des choix systèmes : la ventilation, le chauffage, la gestion des accès et le SSI ont dû être dimensionnés en tenant compte des contraintes propres à l’accueil de patients désorientés, conformément aux orientations de coût global et d’exploitation simplifiée fixées par le maître d’ouvrage.
Les défis techniques relevés
La partie restructurée du bâtiment (830 m² SDO datant des années 1950) était entièrement dépourvue d’isolation dans les parois verticales, avec des menuiseries en majorité simple vitrage, un vide sanitaire non isolé et une toiture dont le calorifugeage en combles était dégradé. La RT existant par éléments s’appliquant à cette partie, Odetec a conduit une étude de simulation thermique dynamique (STD) dès la phase APS pour hiérarchiser les interventions sur l’enveloppe et calibrer les systèmes de chauffage en tenant compte de l’inertie résiduelle du bâtiment. La partie neuve devait, pour sa part, atteindre a minima le niveau E2C1, avec des exigences de maîtrise des apports solaires sur les vitrages exposés et une conception favorisant l’inertie thermique. Articuler les deux systèmes CVC sur un même réseau hydraulique cohérent (l’un rattaché à la sous-station gaz existante de l’établissement, l’autre dimensionné pour le neuf), tout en garantissant le confort d’été sans climatisation active généralisée, a constitué la colonne vertébrale technique du projet.
L’ERP de type U, 4e catégorie, impose des exigences strictes en matière de SSI, d’évacuation PMR et de contrôle des accès. La spécificité de l’unité RITTI tient à la nécessité de concilier des impératifs contradictoires : les patients désorientés doivent pouvoir déambuler librement dans les espaces intérieurs et accéder au jardin thérapeutique clos, tandis que les sorties non contrôlées doivent être prévenues. L’installation SSI existante était vétuste (désenfumage défaillant sur plusieurs zones, issues de secours inaccessibles aux PMR, avertisseurs sonores hors d’âge) et l’ensemble a été reconçu pour permettre le maintien des portes coupe-feu en position ouverte hors déclenchement, sur la base d’un organigramme de fermeture sécurisée compatible avec la liberté de circulation interne. La coordination entre le contrôle d’accès à clé magnétique, les détecteurs de chute en chambre, les systèmes d’appel malade et les exigences SSI a été intégrée dès la phase PRO, pour garantir que les contraintes de sécurité incendie ne pénalisent pas la liberté de déambulation thérapeutique qui structure l’organisation de l’unité.