LYCÉE
Création de la chaufferie bois du lycée de Chardeuil
2014
REGION NOUVELLE AQUITAINE
18 000 m²
COULAURES (24)
1 109 000 €
ODETEC / ADG ARCHITECTURE
Contexte et enjeux
Le lycée des métiers de Chardeuil, implanté à Coulaures en Dordogne, était alimenté en chauffage et en eau chaude sanitaire par six chaufferies fioul réparties sur ses différents bâtiments. Cette organisation décentralisée (coûteuse à exploiter, fortement émettrice de CO₂ et dépendante d’une énergie fossile importée) ne correspondait plus aux ambitions de la Région Nouvelle Aquitaine pour son parc de lycées. La Région a engagé une opération de substitution énergétique pour centraliser la production de chaleur en un point unique et valoriser la ressource bois disponible localement.
L’enjeu de l’opération était de taille : supprimer l’intégralité des installations fioul existantes tout en garantissant la continuité de l’alimentation en chaleur d’un site complexe d’environ 18 000 m² SHON, regroupant une dizaine de bâtiments aux besoins hétérogènes. La construction d’un réseau de chaleur enterré reliant la nouvelle chaufferie centrale à l’ensemble des bâtiments constituait le défi structurant du projet, à réaliser sur un site scolaire en activité dont le fonctionnement ne pouvait être interrompu.
Notre mission
Odetec est intervenu en maîtrise d’œuvre mandataire, aux côtés d’ADG Architecture et d’autres co-traitants techniques, depuis les études de conception jusqu’à la réception des travaux. La mission, étendue aux études d’exécution couvrant l’ensemble du chantier (TCE), comprenait notamment les ingénieries VRD, CVC/PBS et électricité, l’économie du second œuvre, ainsi qu’une mission OPC permettant une coordination et un pilotage de chantier unifiés sous une responsabilité unique.
L’angle structurant de la mission a été la conception du réseau de chaleur et de la chaufferie centrale bois en remplacement complet des six chaufferies fioul. Odetec a dimensionné les équipements de production, défini les sous-stations de livraison pour chaque bâtiment et calibré l’équilibrage hydraulique du réseau, en tenant compte des contraintes d’un site occupé et de la nécessité de maintenir une alimentation en chaleur disponible sur l’ensemble du lycée pendant toute la durée du chantier.
Les défis techniques relevés
Dimensionner une chaufferie centrale unique en substitution de six installations dispersées a imposé de reconstituer entièrement les bilans de charge du site. Les besoins en chauffage et en eau chaude sanitaire de chaque bâtiment ont été recalculés individuellement, puis consolidés pour établir la puissance à installer en chaufferie centrale, avec une marge pour les pointes de consommation hivernales. Cette consolidation a également permis de dimensionner les échangeurs des sous-stations et de définir les températures de départ et de retour du réseau, paramètres déterminants pour garantir à la fois le confort thermique dans les bâtiments et le rendement de combustion de la chaudière bois.
La pose du réseau de chaleur enterré sur un site scolaire en activité a exigé une organisation rigoureuse des phases de travaux. Déconnecter les chaufferies fioul une à une, sans jamais laisser un bâtiment sans alimentation en chaleur, a conduit à construire un plan de phasage séquencé et contraignant. Chaque tranche de terrassement et de raccordement a été planifiée pour s’achever par une mise en service partielle validée avant toute dépose de l’installation fioul correspondante. Ce séquençage, traduit contractuellement dans les CCTP comme exigence opposable aux entreprises, a permis de livrer le réseau en 2014 sans interruption de service.