ECOLE
Rénovation énergétique de l’école Françoise Dolto
2027
MAIRIE DE NIEUL-SUR-MER
2 279 m²
NIEUL-SUR-MER (17)
2 900 000 €
ODETEC / BESSON BOLZE
Voir le siteContexte et enjeux
Construite dans les années 1970, l’école maternelle Françoise Dolto de Nieul-sur-Mer regroupe sur un même site l’enseignement, le périscolaire, l’ALSH et une restauration en liaison froide desservant 130 à 150 repas quotidiens. Le bâtiment, de 2 279 m² en rez-de-chaussée, accueille jusqu’à 246 usagers et cinq classes de cycle 1, avec une sixième classe intégrée au programme pour absorber les évolutions d’effectifs. Après des décennies sans intervention structurelle majeure, l’établissement souffre de plusieurs pathologies cumulées : infiltrations récurrentes en toiture, étaiement de la charpente dans la salle de motricité, fuites des réseaux AEP et EU sous dallage, enveloppe thermique quasi inexistante (murs en blocs béton sans isolation extérieure, verrière périscolaire en simple vitrage), et système de chauffage mixte gaz-électricité en fin de vie.
La commune engage une rénovation complète sous contrainte de calendrier (le chantier doit se dérouler en dix mois en site occupé, l’école restant en fonctionnement tout au long des travaux) et sous exigence environnementale affirmée. Le projet s’inscrit dans la démarche territoriale « La Rochelle Territoire Zéro Carbone » portée par la Communauté d’Agglomération, vise le niveau E3C1 du référentiel Énergie-Carbone et une réduction des consommations d’au moins 50 % conformément aux objectifs du décret tertiaire à horizon 2030. Une tranche optionnelle prévoit par ailleurs la réalisation d’un système géothermique mutualisé pour alimenter en chauffage quatre équipements communaux du site Dolto.
Notre mission
Odetec intervient en maîtrise d’œuvre mandataire aux côtés de BESSON BOLZE (architecte), avec une mission couvrant les phases de conception jusqu’aux études d’exécution (EXE), pour l’ensemble des lots techniques de la rénovation du bâtiment : CVC, plomberie et production d’eau chaude, ventilation double flux, électricité courants forts et courants faibles, SSI, structure et économie second œuvre, Paysage, VRD, ainsi que l’ingénierie thermique et environnementale. Une simulation thermique dynamique (STD) a été réalisée au stade APD pour valider le comportement bioclimatique du bâtiment réhabilité et vérifier le respect du seuil de confort d’été (pas plus de 50 heures annuelles au-delà de 28 °C en période d’occupation) sans recours à un système de rafraîchissement actif.
L’angle structurant de la mission a été de produire une stratégie cohérente entre les performances réglementaires exigées (RE 2020, E3C1, décret tertiaire) et les contraintes du bâtiment existant : isolation inexistante, pathologies structurelles localisées, réseaux enterrés défaillants, et équipements techniques à remplacer intégralement dans un établissement qui ne peut pas fermer. La mission couvre également le diagnostic amiante préalable aux travaux (présence identifiée sur les conduits et un poteau de sas) et la gestion de l’interface entre la rénovation du bâtiment et le chantier de réaménagement des espaces extérieurs mené en parallèle.
Les défis techniques relevés
Le premier défi est celui de la performance énergétique sur un bâtiment des années 1970 à l’enveloppe fortement déperditive. L’objectif E3C1 du référentiel Énergie-Carbone (couplé à la réduction de 50 % des consommations imposée par le décret tertiaire à 2030) exigeait une refonte complète de l’enveloppe : isolation thermique par l’extérieur sur la totalité des façades, remplacement des couvertures avec isolation en panneaux rigides, dépose et repose des menuiseries en PVC à double vitrage performant avec facteur solaire maîtrisé, et mise en place d’une VMC double flux à échangeur sur l’ensemble des locaux d’enseignement, d’activité et de restauration. La STD réalisée à l’APD a permis de calibrer ces choix pour valider simultanément les besoins en chauffage en hiver, les apports solaires sur les orientations exposées, et le confort d’été passif, en particulier dans les salles de classe, où la vitesse d’air en zone d’occupation ne doit pas excéder 0,20 m/s. L’utilisation de matériaux biosourcés et réemployés, intégrée dès la conception en cohérence avec la démarche Zéro Carbone de l’agglomération, a été arbitrée au regard de leur compatibilité avec les niveaux de performance cibles.
Le second défi est structurel et organisationnel. Le diagnostic préalable avait révélé des fissures sur les murs de la salle de motricité et un étaiement de la charpente existant, pathologies à traiter sans interruption de l’usage du local, dans un établissement en fonctionnement continu. Simultanément, les réseaux d’alimentation en eau et d’évacuation, positionnés en sous-dallage, présentaient des fuites récurrentes nécessitant une reprise complète sans démolir l’intégralité des sols. Le phasage du chantier a été construit pour permettre ces interventions lourdes tout en maintenant les flux d’élèves, d’agents et de livraisons de la restauration. La refonte du SSI (ERP de type R et N de 4e catégorie, pour un effectif global de 246 personnes réparties dans plusieurs entités aux horaires distincts) a été conçue pour permettre une évacuation lisible d’un bâtiment en rez-de-chaussée sur deux cours séparées, avec une logique de zonage adaptée aux contraintes de site occupé.