LOGEMENT COLLECTIF
Rénovation de la tour Mozart
2028
CABINET LIQUART
5 100 m²
BORDEAUX (33)
4 500 000 €
ARTHUR PERBET ARCHITECTURE
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Contexte et enjeux
Construite en 1978 sur les plans de l’architecte Francisque Perrier, la tour Mozart est l’un des bâtiments emblématiques du quartier Grand Parc à Bordeaux, dessiné par Jean Royer. Avec ses 18 étages et près de 50 mètres de hauteur, ses 104 logements répartis entre une tour de quinze niveaux et un socle de trois étages, et ses 11 locaux professionnels recevant du public, la copropriété est aujourd’hui labellisée Architecture Contemporaine Remarquable. Au printemps 2024, l’effondrement partiel de bandeaux en béton en façade (qui a entraîné l’évacuation d’une partie des locaux du Centre Médico-Psychologique du Centre Hospitalier Charles Perrens implanté dans le socle) a précipité l’engagement d’un projet global de rénovation porté par le syndic, le Cabinet Liquard.
L’opération s’inscrit dans le dispositif OPAH-CD Multisites piloté par Bordeaux Métropole, avec l’AMO Urbanis pour accompagner la copropriété. Plusieurs contraintes structurent le projet : un gain énergétique supérieur à 35 % à atteindre, des désordres structurels à reprendre en façades et en parkings, un dialogue obligatoire avec la DRAC de Nouvelle-Aquitaine au titre du label ACR, la cohabitation pendant les travaux avec les ERP du socle, et un chantier intégralement conduit en site occupé pour les 104 ménages copropriétaires qui financent l’opération, estimée à 4,5 M€ HT.
Notre mission
Odetec est intervenu en tant que bureau d’études tous corps d’état dans le groupement de maîtrise d’œuvre constitué autour d’Arthur Perbet Architecture, mandataire, et de Valérie Le Goff, architecte-urbaniste programmiste cotraitante. La mission couvre l’ensemble des phases de conception et de mise au point du marché de travaux (DIAG, AVP, DAA, PRO, DCE, ACT) puis le VISA des études d’exécution. Les compétences mobilisées incluent notamment l’ingénierie des structures, la thermique, le CVC et l’énergie, l’électricité courants forts et courants faibles, l’acoustique, l’économie de la construction, ainsi que la coordination des problématiques de désamiantage en sous-section 3, portée en interne.
L’angle particulier de la mission tient au croisement entre objectif énergétique, réparations structurelles et prescriptions patrimoniales. Le travail s’est construit autour de deux scénarios technico-économiques argumentés, entretien et préservation du bâti (S1), puis amélioration énergétique de +35 % (S2), appuyés sur un audit énergétique méthode 3CL DPE 2021 et des simulations thermiques dynamiques par typologie de logement, afin que la copropriété puisse arbitrer en assemblée générale sur des bases techniques et financières partagées.
Les défis techniques relevés
Le premier défi consiste à atteindre les 35 % de gain énergétique sans dénaturer un bâtiment labellisé Architecture Contemporaine Remarquable. L’isolation thermique par l’extérieur, dimensionnée en croisant épaisseur d’isolant, système de fixation et calepinage de la façade existante, est conçue en dialogue avec la DRAC dès l’avant-projet, son avis devant être recueilli au moins deux mois avant le dépôt des autorisations d’urbanisme. Le projet thermique intègre par ailleurs une difficulté propre au site : le réseau de chaleur urbain qui alimente la copropriété bascule en 2026 d’une production gaz vers un mix géothermie et biomasse. La sous-station, son échangeur et l’équilibrage des colonnes montantes ont été redimensionnés pour suivre cette transition, en anticipant l’obligation d’individualisation des consommations applicable au 1er janvier 2027.
Le second défi est la conduite d’un chantier en site occupé alors que les ERP du socle restent en activité et qu’une opération prioritaire de réparation structurelle des bandeaux est menée en parallèle. Le phasage a été pensé poste par poste : préfabrication des menuiseries pour autoriser la dépose et la repose lors d’une même intervention par logement, traitement des ponts thermiques structuraux sur balcons et planchers intermédiaires, reprise ciblée des fissures et flèches relevées sur les poutres des parkings, coordination des interventions de désamiantage avec l’avancement des autres lots. Les phases VISA et DET intègrent enfin une exigence spécifique de coordination, d’information et de médiation auprès des occupants, menée conjointement avec l’AMO Urbanis et l’architecte mandataire.