INTERNAT
Reconstruction des internats du lycée Pré de Cordy
2027
REGION NOUVELLE AQUITAINE
4 115 m²
SARLAT-LA-CANEDA (24)
7 680 000 €
HESSAMFAR & VERONS ARCHITECTES ASSOCIES
Voir le siteContexte et enjeux
La Région Nouvelle Aquitaine, maître d’ouvrage, a lancé au début des années 2020 la reconstruction complète des internats du lycée Pré de Cordy, établissement implanté à Sarlat-la-Canéda, en plein cœur du Périgord Noir. L’internat existant (bâtiment vétuste en R+2) ne permettait plus d’offrir des conditions d’hébergement satisfaisantes pour les élèves scolarisés dans ce lycée de secteur. La décision de reconstruire plutôt que de rénover traduit l’ambition d’un équipement neuf, calibré pour accueillir 350 internes dans des conditions conformes aux exigences contemporaines de confort, de sécurité et de qualité d’usage.
Le projet porte une double contrainte. Sur le plan programmatique, le site doit accueillir, outre l’internat lui-même (4 115 m²), des hébergements provisoires pendant la phase de travaux et divers locaux d’activités, le tout sur un terrain en pente sur le versant d’une colline, topographie caractéristique du Périgord Noir qui impose de composer avec les dénivelés sans surcharger le budget terrassement. Sur le plan environnemental, la Région Nouvelle Aquitaine a retenu une exigence forte pour ce projet : le niveau E3C1 du label E+C-, qui conjugue ambition énergétique et réduction de l’empreinte carbone du bâti, avec une prescription explicite d’usage de matériaux biosourcés dépassant 36 kg/m² de surface.
Notre mission
Aux côtés de HESSAMFAR & VERONS Architectes Associés (architecte mandataire), Odetec est intervenu en bureau d’études techniques sur l’ensemble des lots techniques, depuis la phase concours jusqu’aux études d’exécution (mission de base étendue à l’EXE). La mission couvre notamment les lots CVC et plomberie, électricité courants forts et courants faibles, VRD et SSI, auxquels s’ajoute une mission d’ingénierie environnementale. La SEMIPER, SEM d’assistance à maîtrise d’ouvrage mandatée par la Région, a assuré le pilotage opérationnel du projet.
L’angle structurant de la mission d’Odetec a été l’articulation entre performance environnementale et faisabilité technico-économique. Dès la phase concours, un calcul de coût global a été mené pour vérifier que les choix techniques (ossature bois avec isolant biosourcé, menuiseries à facteur solaire optimisé, ventilation différenciée selon les zones) restaient accessibles au tissu d’entreprises locales du Périgord tout en garantissant l’atteinte du niveau E3C1. Ce calcul a été actualisé tout au long des études jusqu’aux phases PRO et EXE.
Les défis techniques relevés
Atteindre le niveau E3C1 du label E+C- sur un bâtiment de 4 115 m² impose de maîtriser simultanément la consommation d’énergie en exploitation et l’empreinte carbone du bâti au stade de la construction. Ces deux exigences ne convergent pas toujours spontanément : un isolant minéral très performant sur le plan thermique peut peser lourd sur le bilan carbone, tandis qu’un matériau biosourcé peut nécessiter des épaisseurs plus importantes. La solution retenue combine une façade à ossature bois avec isolant biosourcé (dépassant le seuil prescrit de 36 kg/m²), une toiture terrasse végétalisée assurant à la fois inertie et stockage carbone, et des menuiseries à hautes performances dont les facteurs solaires ont été calibrés pour neutraliser les apports solaires sur les façades exposées sans recourir à des stores extérieurs mécaniques, coûteux en maintenance. L’ingénierie environnementale a permis de modéliser l’ACV dès le concours, d’arbitrer entre variantes et de piloter les choix matériaux en maintenant l’enveloppe budgétaire définie avec la Région.
Le deuxième défi tenait à la conception de la ventilation pour un hébergement collectif de 350 internes, dont les zones présentent des profils d’occupation radicalement différents. Les chambres sont inoccupées en journée et suroccupées la nuit ; les salles d’étude et le foyer connaissent une fréquentation intense le soir et le week-end. Traiter ces espaces avec un système de ventilation uniforme aurait conduit soit à une sous-ventilation dans les périodes de forte occupation, soit à une surconsommation en dehors. Le zonage CVC a donc été conçu en deux régimes distincts : ventilation simple flux sur commande pilotée par détection de présence ou capteurs CO₂ pour les ailes chambres, permettant d’ajuster les débits en temps réel ; ventilation double flux avec récupération de chaleur pour les espaces collectifs (foyer et salle d’étude) où la durée d’occupation justifie l’investissement dans un équipement à haut rendement. Ce découpage permet de garantir la qualité de l’air intérieur pour l’ensemble des occupants tout en maintenant des consommations compatibles avec le niveau E3C1 visé.