DÉCHETTERIE
Reconstruction du hall de transfert des ordures ménagères de l’île de Ré
2025
COMMUNAUTE DE COMMUNES ILE DE RE
2 313 m²
LA COUARDE SUR MER ET LE BOIS PLAGE EN RE (17)
1 800 000 €
HANUMAN
Voir le siteContexte et enjeux
Construit en 2010 par la Communauté de Communes de l’Île de Ré pour centraliser le transit des ordures ménagères vers le continent, le centre de transfert du lieu-dit « Les Gachettes » concentre les flux de collecte des dix communes insulaires. Sa population permanente de 17 700 habitants peut tripler en période estivale, portant les tonnages annuels en transit à près de 15 000 tonnes : ordures ménagères, emballages légers, verre, tout-venant et carton. L’équipement est soumis à la réglementation ICPE (régime d’enregistrement pour le transit de déchets non dangereux non inertes au-delà de 1 000 m³) et implanté dans un paysage classé au titre de la loi de 1930 sur la protection des sites naturels. En octobre 2017, un incendie détruit les toitures du hall, la coursive, le bardage bois et les installations photovoltaïques. Un hall provisoire est érigé en 2018 ; l’atelier est entièrement réhabilité en 2020.
La reconstruction définitive du hall, d’une surface d’environ 2 300 m², s’inscrit dans un double contexte de contrainte : un site maintenu en activité durant toute la durée des travaux, et une insertion architecturale et paysagère placée sous le regard de la DREAL. La maîtrise d’ouvrage assortit l’opération d’une ambition explicite de réemploi des structures béton existantes et d’approche bioclimatique.
Notre mission
Odetec est intervenu en maîtrise d’œuvre TCE au sein du groupement piloté par HANUMAN Architecture (mandataire), depuis les études de conception jusqu’à la livraison. La mission de base couvrait les phases ESQ, APS, APD, PRO, DCE, ACT, VISA, DET et AOR, complétées par une mission SYNTHESE, une mission de coordination SSI (CSSI) (explicitement imposée par le programme compte tenu des antécédents d’incendie) et une mission d’études de flux thermiques, permettant de calibrer la stratégie de stockage en conformité avec les arrêtés ICPE. Les domaines techniques mobilisés incluaient notamment la structure, le CVC, les courants forts et faibles, le SSI, la plomberie et les réseaux d’extinction automatique, les VRD et l’économie TCE.
L’angle structurant de la mission a été celui de la sécurité incendie et de la continuité d’exploitation, deux contraintes indissociables sur ce type de site industriel en site classé. La ventilation du hall a été conçue en deux registres complémentaires : ventilation naturelle architecturale intégrée dès l’ESQ, relayée par des exutoires de grande dimension pour l’évacuation des gaz de combustion et des poussières générées par les engins de transfert. L’économie de la construction a été conduite en tenant compte du réemploi des voiles béton subsistants comme structure de référence pour le compartimentage des casiers.
Les défis techniques relevés
La coordination SSI et l’extinction automatique a constitué l’enjeu technique principal du projet. Le programme l’imposait comme compétence obligatoire au sein de l’équipe MOE, en raison des deux incendies successifs ayant touché le site. Un SSI de catégorie A a été dimensionné pour le nouveau bâtiment de transfert, avec une contrainte supplémentaire : un système SSI complet, équipé de caméras thermiques, avait été installé en 2021 dans le hall provisoire et devait être déposé, puis réintégré dans le nouveau bâtiment. Odetec a conduit l’étude de compatibilité entre cet équipement existant, le SSI de l’atelier réhabilité en 2020 et le nouveau SSI du hall reconstruit, pour aboutir à une supervision centralisée et cohérente de l’ensemble du site.
La contrainte de continuité d’exploitation a déterminé les partis constructifs de bout en bout. Le centre de transfert a fonctionné sans interruption pendant toute la phase chantier, imposant un phasage travaux compatible avec les rotations de bennes à ordures ménagères de 19 t et le maintien opérationnel des réseaux de collecte des lixiviats. Par ailleurs, le classement du site au titre de la loi de 1930 a nécessité une coordination étroite avec la DREAL sur les choix de matériaux de façade, la hauteur du bâtiment et la conception de la clôture anti-intrusion périphérique, autant de contraintes intégrées dans les CCTP comme exigences contractuelles opposables aux entreprises.