ECOLE
Reconstruction du groupe scolaire Jean Monnet
2025
COMMUNE DE MAUZE-SUR-LE-MIGNON
1 146 m²
MAUZE-SUR-LE-MIGNON (79)
4 114 772 €
ATELIER DU TRAIT
Voir le siteContexte et enjeux
La commune de Mauzé-sur-le-Mignon (Deux-Sèvres) a engagé la reconstruction partielle de son groupe scolaire Jean Monnet, dont la partie élémentaire (un bâtiment des années 1960) ne répondait plus aux exigences actuelles de performance thermique, d’accessibilité PMR et de confort pour les élèves. L’opération porte sur la reconstruction de l’école élémentaire (1 146 m², 8 classes dont une ULIS et deux salles RASED), du périscolaire mutualisé et de l’unité de restauration, auxquels s’ajoute la réhabilitation partielle du gymnase. La sous-station branchée au réseau de chaleur communal issu d’une chaufferie à méthanisation est conservée et constitue la colonne vertébrale énergétique du projet.
Le site s’inscrit dans le cœur de bourg historique, à la charnière de la route de Prin et de la rue du Pavillon, entre le tissu ancien en pierre et les extensions pavillonnaires du XXe siècle. La collectivité s’est fixé un double enjeu : recomposer l’entrée du groupe scolaire pour créer un espace public planté et lisible, et atteindre le niveau E3C2 (voire E4C2) en conjuguant connexion au réseau de chaleur, matériaux biosourcés et géosourcés, et conception bioclimatique intégrant inertie thermique et ventilation traversante naturelle. Le chantier, estimé à 4,1 M€ HT, est conduit en site scolaire partiellement occupé (l’école maternelle et le gymnase restent en fonctionnement pendant toute la durée des travaux) ce qui imposait un phasage rigoureux dès la phase conception.
Notre mission
Odetec est intervenu en bureau d’études Fluides et ingénierie environnementale, en co-traitance avec l’agence Atelier du Trait (architecte mandataire), depuis les études de conception jusqu’à l’EXE partielle. La mission couvre l’ensemble des lots techniques, notamment chauffage, ventilation, plomberie sanitaire, électricité courants forts et faibles, SSI et équipements de cuisine, auxquels s’ajoutent la simulation thermique dynamique (STD sous Pléiades+Comfie), l’analyse du cycle de vie (ACV) multicritères RE2020 et l’accompagnement à la démarche E+C- niveau E2C2, avec management environnemental de la conception et des prescriptions matériaux.
L’angle structurant de la mission a été de démontrer, simulation à l’appui, qu’une école construite en matériaux à forte inertie (pierre de taille massive, toiture végétalisée côté cour, isolation laine de bois) et raccordée au réseau de chaleur pouvait atteindre le niveau E3C2 sans recourir à la climatisation, tout en maintenant une qualité de l’air intérieur irréprochable dans des salles accueillant jusqu’à 28 enfants. La GTC mise en œuvre intègre l’ensemble des équipements sous protocole BACnet IP (chauffage, ventilation, éclairage, comptages) avec supervision accessible à la maîtrise d’ouvrage pour le suivi en temps réel des consommations.
Les défis techniques relevés
Garantir la qualité de l’air intérieur dans des salles de classe à occupation intermittente et forte densité d’occupants imposait une approche qui ne soit pas pénalisante sur le plan acoustique ni énergétique. Odetec a retenu un système VMC double flux décentralisé, avec des caissons plafond par pièce principale, chacun régulé indépendamment et asservi à une sonde CO2, avec modulation de débit dans les salles de restauration pour coller aux débits réellement nécessaires. L’efficacité de récupération est supérieure à 85 %, ce qui évite le réseau aéraulique centralisé encombrant et peu adapté aux plages d’occupation variables d’une école. Les raccordements ont été traités avec des conduits flexibles acoustiques et des pièges à son dimensionnés pour respecter un niveau de bruit maximal de 33 dB(A) en locaux d’enseignement (exigence plus contraignante que la réglementation standard) en coordination étroite avec l’acousticien.
Le second défi tenait à démontrer que l’ambition E3C2 était atteignable sans surcoût structurel. Les murs en pierre de taille de 50 cm présentent un déphasage thermique de 19,8 heures et une capacité de stockage de 1 000 kJ/m²·K : la STD a confirmé que la température de 28 °C n’est que rarement dépassée en période estivale sans aucun rafraîchissement actif. Combinée à l’alimentation par le réseau de chaleur à la méthanisation, à la prescription de radiateurs en fonte de réemploi (réduisant l’impact carbone des produits de construction) et à l’isolation biosourcée, cette stratégie a permis de calibrer les arbitrages matériaux dans l’ACV multicritères sur 50 ans tout en restant dans l’enveloppe budgétaire initiale. L’office de cuisine a été conçu selon le principe de marche en avant, avec hottes à compensation dimensionnées au plus juste, en intégrant la contrainte de maintien de la production pendant les travaux grâce à la construction du bâtiment restauration neuf en premier.