ESPACE PUBLIC
Réaménagement de la place de la République
En cours d’études
MAIRIE DE BERGERAC
12 400 m²
BERGERAC (24)
2 000 000 €
ODETEC
Contexte et enjeux
Bergerac, deuxième ville de Dordogne et labellisée Ville d’Art et d’Histoire, engage en 2024 la transformation de l’un de ses espaces publics centraux : la place de la République. Sur 12 400 m² aujourd’hui dédiés au stationnement (320 places payantes encerclées d’un mail arboré de 64 platanes), la municipalité entend recomposer un véritable cœur de nature urbaine, en cohérence avec la politique de redynamisation du centre-ville menée depuis 2017. Le site est bordé de trois rues circulées (rue des Carmes, rue Neuve d’Argenson, boulevard de Varsovie) et marqué par deux signaux patrimoniaux : le monument Albert Claveille et un éperon issu des anciens remparts.
L’opération doit concilier des objectifs qui se concurrencent. Préserver l’esprit historique des mails plantés du XIXᵉ siècle, intégrer les exigences contemporaines de rafraîchissement urbain et de gestion des eaux pluviales, ouvrir une zone d’événements et de nouveaux usages (aires de jeux inclusives, déambulation, mise en scène de l’eau) tout en compensant la perte programmée d’une partie du stationnement et en adaptant les voies adjacentes au principe de ville à 30 km/h. Le tout sur un site contraint par un parking souterrain existant de trois niveaux qui occupe 2 800 m² en sous-face de la place.
Notre mission
ODETEC est intervenu en mandataire d’une mission de maîtrise d’œuvre paysagère pour le compte de la Mairie de Bergerac. Le pôle Paysage & VRD du bureau d’études, dirigé par un paysagiste concepteur diplômé de l’École Supérieure d’Architecture des Jardins, a porté l’étude depuis l’esquisse jusqu’à la proposition d’aménagement, accompagnée d’une assistance à maîtrise d’ouvrage sur la procédure réglementaire et le montage financier de l’opération. Le calendrier prévoyait douze mois d’études maximum, rythmés par un cycle de réunions COTECH/COPIL mensuelles avec la collectivité.
La mission a été calée d’emblée sur le rapport « Expertise du patrimoine arboré » établi en amont sur les 64 platanes du site : ce diagnostic phytosanitaire est devenu la clé d’arbitrage de l’ensemble du parti d’aménagement. Le travail a été conduit à l’échelle 1/500 avec restitutions 2D et 3D, pour donner aux élus et aux services techniques une lecture immédiate de l’ambiance projetée, de la répartition des espaces et du chiffrage associé aux 2 M€ HT de travaux estimés.
Les défis techniques relevés
Le premier défi a été de tenir la promesse d’un « poumon vert » sur un site contraint par un parking souterrain existant. Les 2 800 m² situés à l’aplomb des trois niveaux enterrés, au nord-ouest de la place, interdisent toute plantation d’arbres de haute tige en fosse pleine terre. Le parti d’aménagement combine donc une diversification de la trame arborée à l’écart de cette emprise (pour renforcer le maillage paysager hérité des mails du XIXᵉ siècle sans concurrencer les 64 platanes existants, recensés et qualifiés par l’expertise phytosanitaire) et un traitement de la dalle du parking en surfaces végétalisées à substrat limité, calibrées avec les calculs hydrauliques relevant de la loi sur l’eau.
Le second défi a porté sur l’équation stationnement / désimperméabilisation. La suppression partielle des 320 places payantes existantes devait être compensée sans réintroduire de surfaces imperméables : des poches de stationnement en dalles gazon ont été réparties autour de la place, dont la perméabilité contribue directement à la gestion à la parcelle des eaux pluviales et au rafraîchissement urbain. Les voies adjacentes (rue des Carmes, rue Neuve d’Argenson, boulevard de Varsovie) ont été reprises dans la logique d’une ville à 30 km/h, favorable aux mobilités douces et au franchissement piéton de la place.