BÂTIMENTS COMMUNAUX
Restructuration d’un presbytère en pôle de pratiques artistiques
2025
COMMUNE DE LATRESNE
1 000 m²
LATRESNE (33)
2 608 000 €
DAUPHINS ARCHITECTURE
Voir le siteContexte et enjeux
Latresne, commune de l’Entre-deux-Mers à une vingtaine de kilomètres de Bordeaux, abrite au cœur de son bourg un ancien presbytère en pierre dont les qualités patrimoniales et la position dans le tissu urbain en font un lieu singulier. Perché sur les coteaux qui surplombent la vallée de la Garonne, ce bâtiment jouissait depuis des décennies d’un rapport privilégié au paysage, mais restait sous-exploité. La commune a décidé de lui redonner vie en l’affectant à un usage culturel de proximité : accueillir l’école de musique et l’école de danse sous un même toit, avec un espace de représentation partagé, pour structurer et amplifier la dynamique associative locale.
L’opération dépasse la simple réaffectation d’un bâtiment existant. Elle associe la restructuration et la restauration du presbytère (1 000 m² de surface bâtie pour un coût de travaux de 2 608 000 € HT) à la construction d’une extension contemporaine en structure bois, résolument distincte du bâti ancien. La double nature du projet (patrimoine à révéler et équipement neuf à concevoir) impose de concilier des contraintes rarement réunies sur une même opération : intégrité constructive d’un édifice ancien en maçonnerie de pierre, performances thermiques conformes à la RE2020 sur les parties neuves, gestion d’eaux pluviales sur un terrain en forte déclivité, et qualités acoustiques exigeantes pour des salles de pratique musicale et de danse.
Notre mission
Odetec est intervenu en bureau d’études TCE, en co-traitance avec Dauphins Architecture (architecte mandataire), depuis les études de diagnostic jusqu’à la phase DET-VISA en cours. La mission couvre l’ensemble des lots techniques, incluant notamment : structure bois, structure béton, VRD, CVC/plomberie-sanitaire, électricité courants forts et courants faibles, thermique, SSI, ainsi que la coordination de l’ingénierie environnementale en lien avec le co-traitant dédié à la démarche bas carbone.
L’angle structurant de la mission a été de porter simultanément deux logiques constructives distinctes : d’un côté, l’adaptation des systèmes techniques à un bâtiment en pierre ancienne, dont les parois respirantes et les pathologies d’humidité imposent des solutions spécifiques ; de l’autre, la conception d’une extension en ossature bois et paille hachée soufflée visant une performance énergétique RE2020 avec Analyse du Cycle de Vie (ACV). Dès la phase APS, les choix de composition de paroi et de systèmes CVC ont été calibrés à partir des résultats de simulation thermique dynamique (STD), pour garantir le confort d’été par voie passive et minimiser les besoins en énergie de compensation.
Les défis techniques relevés
Concevoir les installations fluides d’un équipement culturel implique d’abord de résoudre une contradiction de programme : l’école de musique, logée dans le presbytère, et l’école de danse, implantée dans l’extension contemporaine, fonctionnent selon des horaires différents et accueillent des publics distincts. Le zonage CVC a été conçu pour permettre un fonctionnement indépendant des deux entités, avec des régulations horaires différenciées et des sous-comptages par zone. Cette disposition évite de conditionner l’ensemble du bâtiment pour une seule entité en soirée ou le week-end, et fournit au gestionnaire communal des données exploitables pour le suivi des consommations. Le choix des systèmes a fait l’objet d’une analyse en coût global dès la phase APS, comparant plusieurs hypothèses de chauffage et de ventilation au regard de leur impact carbone et de leur maintenabilité sur la durée.
Le second défi a été de traiter la question acoustique dans un bâtiment dont les deux pôles génèrent des contraintes opposées. Les salles de musique exigent un isolement fort vis-à-vis de l’extérieur et entre locaux, ainsi qu’une maîtrise fine de la réverbération ; les salles de danse réclament des volumes généreux, sans point porteur interne, avec des revêtements de sol adaptés à la pratique sportive. Dans le presbytère, la masse des murs en moellon et en pierre de taille a été intégrée dès la conception comme atout acoustique naturel, en complément des menuiseries et des planchers bois existants traités pour réduire les bruits d’impact. Pour l’extension en ossature bois, les compositions de paroi (botte de paille, enduit chaux intérieur et extérieur, frein vapeur hygrovariable) ont été choisies autant pour leurs performances thermiques que pour leur déphasage et leur contribution à l’amortissement acoustique, avec un résultat calculé de déphasage supérieur à 13 heures.