INSTITUT MÉDICO-EDUCATIF
Construction de la MAS renforcée Les Champs-Pinsons
2027
AGAPEI
1 200 m²
SAINT-ORENS-DE-GAMEVILLE (31)
2 998 000 €
COCO ARCHITECTURE
Voir le siteContexte et enjeux
L’AGAPEI, association loi 1901 affiliée à l’Unapei Occitanie, gère 63 établissements accompagnant près de 2 200 personnes en situation de handicap mental, intellectuel ou psychique en Haute-Garonne, dans le Gers et dans le Tarn. Sur son site de la MAS les Champs-Pinsons à Saint-Orens-de-Gameville, à 10 kilomètres de Toulouse, l’association répond à un appel à candidature de l’ARS et de la MDPH concernant l’accueil d’adultes autistes aux profils sensitifs très perturbés, pour lesquels les locaux existants ne peuvent fournir ni les conditions environnementales ni les niveaux de sécurité adaptés. L’opération consiste à construire un bâtiment neuf de 1 200 m² de surface de plancher, organisé en deux unités superposées : une unité renforcée en rez-de-chaussée pour 6 adultes autistes avec déficience sévère et troubles comportementaux importants, et une unité résidentielle à l’étage pour 10 personnes vieillissantes non médicalisées.
La difficulté principale tient à la combinaison d’un programme médico-social d’une exigence technique peu commune et d’une contrainte de site non négociable. La MAS fonctionne en permanence et ses résidents sont hypersensibles aux nuisances sonores, olfactives et vibratoires. Construire 1 200 m² en plein milieu d’un site occupé excluait tout chantier de longue durée : une intervention physique supérieure à 6 mois sur la parcelle était inadmissible. Ce contexte a déterminé le choix d’un mode constructif modulaire 3D entièrement réalisé hors-site, assemblé en trois phases courtes et séquencées.
Notre mission
Aux côtés de COCO Architecture (mandataire), Odetec a assuré la maîtrise d’œuvre TCE de l’opération, de la phase APS jusqu’à l’AOR, avec une mission complémentaire de coordination des systèmes de sécurité incendie (CSSI) et d’études de synthèse (SYN). La mission couvrait l’ensemble des lots techniques, incluant notamment : structure, CVC et plomberie-sanitaire, électricité courants forts et courants faibles, thermique RE2020, SSI, VRD, économie du second œuvre et ingénierie environnementale.
L’angle structurant de la mission a été de traduire les contraintes comportementales et pathologiques des résidents en exigences techniques contractuelles opposables. Chaque système (émetteurs de chauffage, distribution d’air, éclairage, réseau ECS) a été dimensionné et positionné en tenant compte du profil des deux unités : silence strict et commandabilité individuelle par pièce au rez-de-chaussée pour l’unité renforcée, réversibilité chaud-froid et sécurité anti-chute à l’étage pour l’unité résidentielle. La CSSI a fait l’objet d’une instruction spécifique à destination du bureau de contrôle pour gérer le cas du public enfermé.
Les défis techniques relevés
L’unité renforcée du rez-de-chaussée impose un niveau de maîtrise de l’environnement physique sans équivalent dans un bâtiment médico-social courant. Les résidents autistes aux profils hypersensibles exigent une température commandable par chambre entre 20 °C et 25 °C toute l’année, des équipements sans aucune commande accessible depuis l’intérieur, et des systèmes terminaux acoustiquement imperceptibles. Le dimensionnement CVC a retenu une production par pompe à chaleur avec des émetteurs à très faible vitesse, pilotés depuis l’espace tampon mitoyen de chaque chambre. L’ensemble des cheminements de gaines techniques a été aligné verticalement dans ces espaces tampons inter-chambres pour éviter tout passage de réseau à proximité acoustique des espaces de repos. La ventilation double flux, avec des caissons à niveau sonore minimal, a été intégrée à ce dispositif, les ouvrants du rez-de-chaussée étant non actionnables par les résidents.
La conception du SSI a constitué le second défi majeur, à l’interface entre la réglementation incendie et la sécurisation d’un public enfermé. La règle standard impose l’ouverture des portes de sortie au déclenchement de l’alarme, ce qui est incompatible avec la nécessité de maintenir les résidents violents du RDC à l’intérieur de l’unité. Odetec a instruit la dérogation permettant le maintien en position verrouillée des accès de l’unité renforcée lors du déclenchement du SSI, en contrepartie de la création de zones refuges dimensionnées et de reports d’alarme dédiés dans le bureau des veilleurs et au poste de soins infirmerie. L’extension SSI a été conçue pour s’interfacer avec le système existant du site, avec un boîtier de déverrouillage incendie déporté au niveau du rez-de-chaussée et un report d’alarme sur les téléphones du personnel d’astreinte.