MUSÉE
Construction de la Maison du Parc Naturel Régional Médoc
2026
SYNDICAT MIXTE D'AMENAGEMENT ET DE GESTION DU PARC NATUREL REGIONAL MEDOC
888 m²
SAINT-LAURENT-MEDOC (33)
3 200 000 €
LANOIRE&COURRIAN
Voir le siteContexte et enjeux
Le Syndicat Mixte d’Aménagement et de Gestion du Parc Naturel Régional du Médoc (SMPNRM) porte depuis plusieurs années un projet d’envergure : doter le territoire d’une Maison du Parc capable d’incarner ses ambitions en matière d’accueil du public, de sensibilisation à l’environnement et de fonctionnement interne des équipes. Pour cela, le syndicat a choisi le site de Lorthe, à Saint-Laurent-Médoc, commune positionnée à mi-chemin entre l’agglomération bordelaise et la pointe du Médoc, à la confluence des grands paysages du territoire : forêt médocaine, marais du Bas-Médoc, terroir viticole, estuaire. Le site retenu est un corps de ferme construit avant 1949 (une longère, un chai et l’enceinte d’une bergerie en ruine) implanté sur une parcelle de 2,3 hectares en lisière de bourg, adossée à un espace boisé classé que le projet connecte aux itinéraires de randonnée existants.
Le programme articule deux grandes entités sur 888 m² bâtis : une zone d’accueil du public en rez-de-chaussée dans la longère réhabilitée, réunissant hall d’entrée, boutique, espaces d’expositions et atelier de créativité (classée ERP 5e catégorie type Y pour 200 personnes), et une zone équipe intégrant les bureaux du Parc, les salles de réunion et une grande salle modulable (type L) dans l’extension neuve et le chai rénové. Le projet s’inscrit dans une démarche environnementale exigeante visant la certification E+C- au niveau E3C2, avec le béton de chanvre comme matériau structurant tant pour la réhabilitation des bâtiments existants que pour le remplissage de la nouvelle ossature bois préfabriquée.
Notre mission
Odetec est intervenu en maîtrise d’œuvre TCE, en co-traitance avec Lanoire & Courrian (architecte mandataire), depuis la phase de concours en 2022 jusqu’au suivi de chantier, avec mission Base VISA. La mission couvre l’ensemble des lots techniques, incluant notamment la structure bois et la structure béton, les VRD, le CVC et la plomberie sanitaire, l’électricité courants forts et courants faibles, le SSI, ainsi que l’ingénierie thermique et l’ingénierie environnementale, et l’économie du second œuvre.
L’angle structurant de cette mission a été d’assurer la cohérence entre les exigences de la certification E3C2 et la complexité d’un programme mixte rehabilitation/construction neuve. Cela a conduit Odetec à piloter les études thermiques dynamiques (STD) pour valider la conception bioclimatique de l’extension (orientation, inerties, protections solaires, apports photovoltaïques), à dimensionner les deux systèmes de production de chaleur (PAC air/eau et PAC géothermique) selon une logique de coût global, et à porter une coordination spécifique entre les lots techniques, l’ossature bois préfabriquée et le remplissage béton de chanvre.
Les défis techniques relevés
Le programme mêle dans un volume compact de 888 m² des espaces à usages très contrastés : une grande salle modulable jusqu’à 200 personnes (type L), des salles d’exposition ouvertes au public, et des bureaux individuels et partagés nécessitant un isolement aux bruits aériens de DnTA ≥ 43 à 53 dB entre certaines parois. La difficulté tenait à ce que le système constructif retenu (ossature bois avec remplissage béton de chanvre) ne disposait d’aucun PV d’essai attesté pour les transmissions latérales, contrairement aux systèmes maçonnés conventionnels. Odetec a intégré dans les CCTP une exigence de mesures acoustiques de contrôle en cours de chantier, dès la mise en œuvre des premiers modules préfabriqués, pour détecter et corriger en amont toute dérive d’isolement entre locaux. Le dimensionnement des réseaux CVC a été traité conjointement : vitesses d’air limitées à 2,5 m/s en éléments terminaux, silencieux sur l’ensemble des réseaux de soufflage et d’extraction, équipements sur plots antivibratiles, afin de rester sous la courbe NR30 dans les bureaux les plus sensibles.
La certification E+C- niveau E3C2 constituait un second défi structurant, d’autant qu’elle s’applique à une opération mixte (réhabilitation de bâtiments en pierre des années 1940 et construction neuve en ossature bois) avec des ratios carbone et des trajectoires énergétiques à justifier lot par lot. Les études thermiques dynamiques ont permis de valider la complémentarité entre l’inertie du bâti existant, isolé par l’intérieur en béton de chanvre projeté (110 mm sur murs pierre), et la légèreté de l’extension neuve, compensée par le remplissage béton de chanvre en façade (250 mm) et la laine de bois en toiture (140 mm). Le choix d’une PAC géothermique pour la production principale de chaleur et d’une PAC air/eau en appoint, combiné à la couverture photovoltaïque de l’extension, a permis de tenir le niveau E3 tout en maîtrisant l’empreinte carbone de l’équipement, en cohérence avec la structure bois et les matériaux biosourcés.