CRÈCHE
Création du pôle Petite Enfance Lucien Faure
2027
VILLE DE BORDEAUX / BORDEAUX METROPOLE AMENAGEMENT
280 m²
BORDEAUX (33)
1 085 860 €
CREA' TURE
Voir le siteContexte et enjeux
Au cœur du quartier des Bassins à Flots, en pleine recomposition urbaine, la Ville de Bordeaux et Bordeaux Métropole Aménagement engagent la création d’un Relais Petite Enfance sur l’emprise de l’ancienne école Lucien Faure, avenue du même nom. Le quartier, marqué par des décennies de friche portuaire reconvertie, connaît une densification résidentielle rapide qui appelle un renforcement de l’offre en services aux familles.
Le programme porte sur un équipement public de 280 m² en R+1, conçu pour accueillir des espaces d’activités, d’accueil et d’accompagnement des assistants maternels et des parents, avec jardin en cœur d’îlot. L’opération ne se réduit pas à une construction neuve : elle suppose d’abord une démolition complète des deux bâtiments existants, tous deux positifs à l’amiante et en maçonnerie traditionnelle dégradée. Le site cumule des contraintes physiques rarement réunies à cette échelle : pollution aux hydrocarbures des sols de la parcelle, présence de sites industriels historiques à moins de 500 mètres (ancienne usine Lesieur, établissements Borie-Manoux avec risque arsenic et métaux lourds), nappe argileuse molle jusqu’à 11,7 m de profondeur, et obligation réglementaire de surélévation du plancher bas conformément au Plan de Prévention du Risque Inondation (cote seuil fixée à +65 cm). L’opération doit par ailleurs respecter le label Frugal Bordelais et atteindre le niveau 2 du label biosourcé, exigences propres à la politique environnementale de Bordeaux Métropole.
Architecte : Créa’ture
Notre mission
Odetec est intervenu en maîtrise d’œuvre technique, en co-traitance avec Créa’ture Architectes, depuis la phase de diagnostic et d’esquisse (DIAG, ESQ) jusqu’à la réception des travaux (AOR), en passant par l’intégralité des phases de conception et de suivi de chantier (APS, APD, PRO, ACT, VISA, DET). La mission couvrait l’ensemble des lots TCE, notamment structure, CVC et plomberie-sanitaire, électricité (courants forts et courants faibles), VRD, acoustique, thermique et coordination SSI.
Sur ce projet, l’enjeu central de la mission technique a été de concilier des choix constructifs ambitieux (ossature bois à isolation biosourcée, murs en pierre porteuse en front de rue, toiture en tuiles avec corridor technique intégré pour les réseaux CVC/PBS) avec des contraintes de site particulièrement sévères. La conception structurale a nécessité de dimensionner un réseau de fondations profondes sur micropieux jusqu’à -15 m/TN, pour franchir les horizons argileux mous, tout en intégrant les exigences acoustiques d’un ERP de type R accueillant de jeunes enfants et en assurant la conformité incendie du bâtiment.
Les défis techniques relevés
La principale difficulté structurale du projet tenait à la nature des sols : une couche de remblais argileux et d’argiles vasardes molles jusqu’à 11,7 m de profondeur interdisait tout appui superficiel ou semi-profond. Les fondations ont été dimensionnées sur micropieux injectés de type III MIGU avec ancrage à -15 m/TN minimum, les planchers bas étant traités en dalle portée sur longrines en béton armé afin de s’affranchir des tassements différentiels. Parallèlement, la réglementation PPRI imposait une surélévation du niveau fini intérieur à +65 cm par rapport au terrain naturel, obligation traduite dans la conception des seuils et rampes d’accès pour maintenir l’accessibilité PMR. Le tout devait rester cohérent avec le parti architectural d’un bâtiment compact en R+1 à faible emprise, ce qui limitait les marges de manœuvre pour l’intégration des réseaux sous dalle.
Le second défi concernait la cohérence entre l’ambition environnementale et les exigences techniques d’un ERP accueillant de jeunes enfants. Le label Frugal Bordelais et le niveau 2 biosourcé orientaient résolument vers une structure bois (murs à ossature bois, solivages, charpente sur fermettes), tandis que les exigences acoustiques d’un établissement de catégorie R et les contraintes d’inertie thermique plaidaient pour des planchers avec chape béton sur solivage bois. Le plancher intermédiaire a ainsi été conçu avec un complexe chape béton sur OSB sur solivages bois 120×280 mm, pour assurer simultanément l’isolement aux bruits d’impact, l’apport d’inertie et la compatibilité avec les charges d’exploitation de catégorie C1 (250 daN/m²). La toiture a intégré un corridor technique dédoublé sur fermettes pour loger l’ensemble des réseaux CVC/PBS sans pénétrer les plafonds chauffés, conformément aux exigences thermiques du référentiel.