BUREAUX
Construction du pôle des services mutualisés de Périgueux
2023
LE GRAND PERIGUEUX
6 300 m²
PERIGUEUX (24)
10 000 000 €
SCAPA ARCHITECTES ASSOCIES
Voir le siteContexte et enjeux
La Communauté d’Agglomération du Grand Périgueux engage, au début des années 2020, la construction d’un bâtiment de bureaux de 6 300 m² destiné à accueillir sous un même toit ses propres services, ses entités satellites et des partenaires institutionnels. Ce pôle des services mutualisés s’inscrit dans la dynamique de structuration intercommunale : regrouper des activités jusqu’alors dispersées sur plusieurs sites pour rationaliser l’organisation territoriale et offrir un équipement tertiaire contemporain au cœur du bassin périgourdin.
L’opération portait une ambition environnementale déterminante dès la commande : atteindre le niveau E3C1 de l’expérimentation E+C- avec certification, précurseur direct de la RE2020. Cette cible imposait de résoudre une contradiction de principe : construire un bâtiment de bureaux fortement inertiel pour garantir le confort d’été sans recours à un système de refroidissement actif en occupation, tout en maîtrisant l’impact carbone de la structure, constituait l’enjeu central de la conception. Le maître d’ouvrage a opté pour un marché global de performance (CREM) couvrant la conception, la réalisation et la maintenance sur trois ans, afin de garantir l’atteinte des engagements énergétiques sur la durée.
Notre mission
Odetec est intervenu en maîtrise d’œuvre TCE aux côtés de SCAPA Architectes Associés et de Schurdi-Levraud Architecture, dans le cadre du groupement de conception-réalisation-maintenance. Le mandataire du groupement était Etchar Construction, associé au Groupe Vigier Construction. La mission couvrait l’ensemble des lots techniques : structure béton, CVC et plomberie-sanitaire, électricité courants forts et courants faibles, VRD, ainsi que l’étude thermique réglementaire. Elle intégrait une mission étendue à l’EXE, avec visa des études d’exécution et suivi de la conformité technique jusqu’à la réception des ouvrages en 2023. Odetec a également réalisé les missions IPMVP, de commissionnement et de suivi énergétique des installations durant les trois premières années.
L’angle structurant de la mission était double. D’un côté, démontrer la compatibilité entre inertie thermique et performance carbone, deux objectifs que la cible E3C1 rendait simultanément contraignants. De l’autre, fournir au mainteneur (chargé de l’exploitation pendant trois ans post-réception) des installations dimensionnées pour la maintenabilité, avec une simulation thermique dynamique (STD) soumise à son visa aux phases APD et PRO pour valider les engagements de performance avant travaux.
Les défis techniques relevés
Atteindre le niveau E3C1 sur un bâtiment de bureaux impliquait de conjuguer une forte inertie thermique et un faible impact carbone de la structure, deux exigences que les matériaux conventionnels satisfont rarement ensemble. La réponse technique a reposé sur une structure poteau-poutre en béton avec planchers alvéolaires, dont l’inertie est exploitée par un système de refroidissement nocturne : les planchers accumulent le froid pendant les heures creuses et restituent cette énergie lors de l’occupation. Pour que le dispositif fonctionne, le refroidissement actif est coupé en phase d’occupation afin d’éviter les effets de « douche froide » qui perturbent le confort thermique. Le choix des menuiseries a été calibré avec des facteurs solaires très bas pour neutraliser les apports directs sur les façades exposées, ce qui a permis de s’affranchir de stores extérieurs motorisés, coûteux en maintenance et pénalisants sur le bilan carbone du composant.
Le second défi tenait au cadre contractuel lui-même. Dans un marché CREM, les concepteurs s’engagent sur des objectifs de performance énergétique mesurables après livraison. Cela a conduit à formaliser un protocole de vérification des performances dès la phase études, avec une STD soumise au visa du mainteneur avant lancement des travaux. Le protocole définissait les formules d’ajustement climatique et les jalons de mesure IPMVP qui s’appliqueraient en phase d’exploitation. Cette démarche a structuré les arbitrages techniques tout au long de la conception : chaque choix de système devait être validé au regard de son impact sur les engagements contractuels d’exploitation.