LOGEMENT COLLECTIF
Construction d’une pension de famille à Mérignac
2026
MESOLIA
1 200 m²
MERIGNAC (33)
DAUPHINS ARCHITECTURE
Voir le siteContexte et enjeux
MESOLIA HABITAT, bailleur social de Gironde, porte sur la commune de Mérignac (33) la construction d’une pension de famille de 25 studios et de 6 logements sociaux, sur un terrain cédé par la FAB (Fabrique de Bordeaux Métropole), l’opérateur public de l’aménagement métropolitain. L’opération répond à un besoin territorial identifié : offrir à des personnes en situation de fragilité sociale un hébergement adapté, stable et digne, dans un cadre résidentiel à taille humaine. Les 25 T1 de la pension s’organisent autour d’espaces communs (tisanerie, bureau, laverie, buanderie) accessibles depuis des coursives extérieures, tandis que les 6 logements sociaux (4 T1 bis et 2 T3) constituent une entité distincte avec son propre accès, sur un même terrain de 1 200 m² SHON.
Le programme conjugue deux exigences structurantes. D’une part, la réglementation RE2020 et l’ambition d’un bâtiment au niveau passif, qui vise à supprimer les charges de chauffage pour le gestionnaire de la pension. D’autre part, une contrainte de l’aménageur : 5 % du coût de la construction doit être consacré à des matériaux issus du réemploi, obligation traduite contractuellement dans l’ensemble des marchés de travaux. Le chantier, engagé en 2024 pour une réception prévue fin 2026 – début 2027, s’inscrit dans un quartier en développement à Mérignac, à proximité immédiate de la Base du Réemploi de Bordeaux Métropole.
Notre mission
Odetec est intervenu en tant que BET TCE au sein du groupement de maîtrise d’œuvre conduit par Dauphins Architecture (mandataire), depuis la phase APS jusqu’aux opérations de réception. La mission de base de type VISA couvre l’ensemble des lots techniques : structure béton, structure bois, CVC-plomberie-sanitaires, électricité courants forts et courants faibles, VRD, SSI, ainsi que l’économie du second œuvre.
La singularité de la mission tient au croisement de deux logiques de performance difficiles à concilier dans un programme d’habitat social contraint : atteindre un niveau passif en RE2020 avec une enveloppe sans système actif de refroidissement, tout en intégrant une démarche de réemploi prescriptive dans les lots techniques. Odetec a construit les études de conception autour de ces deux priorités, en les traduisant dans les CCTP sous forme d’exigences contractuelles opposables aux entreprises, depuis le dimensionnement thermique pièce par pièce jusqu’aux solutions de réemploi sourcées et codifiées dans les pièces de marché.
Les défis techniques relevés
Le premier enjeu technique était d’assurer le confort thermique hivernal et estival sans refroidissement actif, conformément au niveau passif visé et aux exigences RE2020 sur le confort d’été. La réponse repose sur un système CVC entièrement électrique, sans réseau hydraulique collectif : les 25 logements de la pension et les 6 logements sociaux sont équipés de radiateurs électriques à inertie à haute performance, avec deux modes de régulation distincts. Pour la pension, une commande centralisée implantée au bureau du R+3 fixe une consigne bridée commune, empêchant toute dérive de consommation tout en laissant les résidents ajuster leur confort dans la limite autorisée. Pour les logements sociaux, la régulation est programmable et connectée par appartement. La production d’eau chaude sanitaire est assurée par des ballons thermodynamiques sur air extrait (COP 4,36), intégrés au système de VMC simple flux hygroréglable B, solution qui mutualise les équipements et supprime tout réseau de chaleur collectif, réduisant à la fois les coûts d’exploitation et les risques de maintenance pour le gestionnaire.
Le second défi consistait à intégrer la démarche réemploi portée par la FAB dans des lots techniques où le réemploi est peu pratiqué. Odetec, en coordination avec l’AMO réemploi R-USE et le bureau d’études environnement 180 Degrés Ingénierie, a identifié 13 solutions de réemploi pour l’ensemble du DCE, en pré-qualifiant 4 gisements à partir de la Base du Réemploi de Bordeaux Métropole (implantée à 600 m du site) et de la plateforme numérique REFAIR. Sur le lot CVC-plomberie-sanitaires, les prescriptions concernent notamment les éviers céramiques, cuvettes suspendues et lavabos PMR des logements et espaces communs de la pension, avec des exigences de reconditionnement, de qualification et de validation codifiées dans le CCTP. L’atteinte de l’objectif de 5 % est contractuellement assortie de pénalités, ce qui a imposé de construire les exigences en termes d’obligations de résultat et non de simples incitations.