MAIRIE
Construction de l’hôtel de ville de Brantôme
2025
COMMUNE DE BRANTOME-EN-PERIGORD
601 m²
BRANTOME-EN-PERIGORD (24)
1 600 000 €
DAUPHINS ARCHITECTURE
Voir le siteContexte et enjeux
La commune nouvelle de Brantôme-en-Périgord engage la construction de son nouvel hôtel de ville sur la place du Champ de Foire, au croisement de l’avenue du Dr Devillard et de la rue Paul Lunaud. L’opération porte deux objets indissociables : ériger un équipement public de 601 m² rassemblant les services municipaux jusque-là dispersés, et requalifier près de 1 000 m² d’espace public attenant : parvis, jardin de la mairie, cheminements piétons et aménagements paysagers. En quittant l’île historique et l’échelle monumentale de l’abbaye, la mairie rejoint un site plus quotidien, déjà ancré dans la vie communale par l’école, le centre de loisirs, le pôle médical et la gendarmerie. L’enjeu est urbain autant qu’institutionnel : relier le bourg historique au tissu plus diffus de la ville nouvelle, et rapprocher le service public de ses habitants.
L’autre exigence du projet est environnementale. La commune a fait le choix d’un bâtiment exemplaire dans son ancrage local et dans sa sobriété : ossature bois remplie en bottes de paille pour les murs de façade, soubassement en pierre, isolation chaux-chanvre, chaudière à granulés pour le chauffage, matériaux biosourcés en intérieur. Au-delà du symbole (un hôtel de ville « de Roche et d’Eau », pour reprendre l’intitulé donné à l’opération), il s’agissait de construire un équipement public qui consomme peu, vieillisse bien et reste lisible pour ses agents comme pour ses usagers.
Notre mission
Aux côtés de DAUPHINS ARCHITECTURE (architecte mandataire), Odetec est intervenue comme bureau d’études techniques pluridisciplinaire sur l’ensemble de la mission, depuis les études de conception jusqu’au suivi de chantier, en mission de base étendue à l’EXE. Nos équipes ont pris en charge notamment la structure béton, la structure bois, paille, les lots CVC et plomberie, l’électricité courants forts et courants faibles, les VRD ainsi que l’économie du second œuvre.
L’angle de la mission a été dicté par les choix architecturaux : bâtiment biosourcé, sans climatisation, chauffé au granulé. Il s’agissait de calibrer chaque lot technique pour rester cohérent avec cette logique de sobriété (minimiser les réseaux, privilégier la ventilation naturelle, dimensionner au plus juste les puissances installées) sans rien céder sur la conformité ERP de 5e catégorie ni sur le confort des usagers. La coordination structure bois et lots techniques a été l’une des clés du projet, car le plancher bois sur solives n’admettait aucune réservation à la traversée et imposait un arbitrage anticipé des passages de fluides et de courants.
Les défis techniques relevés
L’enveloppe combine deux logiques que la pratique courante traite séparément : une isolation biosourcée très épaisse (bottes de paille de 37 cm en remplissage d’une double ossature secondaire, isolant chaux-chanvre de 28 cm, caissons de toiture en paille hachée) et une inertie minérale apportée par les parois maçonnées intérieures et le soubassement en pierre. Le dimensionnement structurel devait articuler ces deux systèmes en assurant leur tenue mécanique propre et leur cohérence avec les performances thermiques visées en hiver comme en été.
Le second défi a porté sur le calibrage des installations CVC pour des usages très inégaux : bureaux à fonctionnement tertiaire classique, salle des conseils de 126 m² mobilisée environ deux fois par mois, salle de réunion occupée au moins une matinée par jour. Le parti retenu a consisté à différencier les modes de traitement : ventilation naturelle de confort sur les bureaux et la plupart des locaux, ventilation hybride sur la salle de réunion à occupation régulière, et CTA dédiée pour la salle du conseil afin d’absorber ses pics d’occupation sans surdimensionner l’installation générale. Côté production, une chaudière à granulés de 32 kW alimente des radiateurs à eau chaude, dont une partie issue du réemploi de radiateurs en fonte ; l’eau chaude sanitaire est décentralisée par appoints électriques proches des points de puisage, ce qui évite un bouclage énergivore et coûteux en maintenance.