GYMNASE
Construction du complexe sportif Maurel Audry à Libourne
2027
VILLE DE LIBOURNE
1 820 m²
LIBOURNE (33)
2 500 000 €
SECMA BATIMENT / MOG ARCHITECTES
Voir le siteContexte et enjeux
La commune de Libourne porte la construction d’un nouveau complexe sportif sur l’emprise du stade municipal Jean Maurel Audry, en remplacement d’équipements existants devenus insuffisants au regard des usages attendus. L’opération, d’un montant de 2 500 000 € HT, est passée sous la forme d’un marché global de conception-réalisation, engageant un groupement d’entreprises et de concepteurs dans une démarche intégrée de la phase concours jusqu’à la livraison de l’ouvrage. Le calendrier global est de 17 mois, dont 10 mois de chantier.
Le programme réunit deux entités distinctes sous un même équipement : un gymnase multisports à vocation partagée, dimensionné pour accueillir une aire d’évolution de 44 × 26 mètres sous toile tendue, et une salle d’escrime dédiée au club de Libourne, structure évoluant en élite nationale. L’équipement doit répondre à des usages diversifiés : activités physiques scolaires des cycles élémentaire et secondaire, pratiques associatives, Maison Sport Santé et compétition d’escrime. Cette coexistence de programmes aux exigences très différentes (acoustique des sports collectifs, surfaces normées pour la compétition d’escrime, confort des vestiaires) constitue le nœud central du projet. À cette complexité programmatique s’ajoute une contrainte de site forte : le terrain de football attenant doit rester en exploitation tout au long du chantier, imposant une organisation des emprises strictement négociée avec la mairie.
Notre mission
Odetec est intervenu en tant que bureau d’études TCE au sein du groupement de conception-réalisation conduit par SECMA BATIMENT, aux côtés de MOG Architectes (conception architecturale). La mission couvre l’ensemble du cycle : de la phase concours (mémoire technique, dimensionnement préliminaire) jusqu’aux études PRO et à l’assistance au suivi d’exécution. Les pôles mobilisés comprennent notamment la structure, les lots CVC et plomberie, l’électricité courants forts et courants faibles, la coordination SSI, la thermique réglementaire, le VRD et l’économie de la construction.
L’angle structurant de la mission a été de concilier, dans un budget de travaux contraint à 2,5 M€ HT, des niveaux de performance technique élevés (ossature bois et toile tendue pour le gymnase, ambition RE2020 à titre volontaire bien que non réglementairement requise pour ce type d’usage) avec les exigences fonctionnelles d’un équipement sportif à double vocation scolaire et compétitive. La coordination entre les lots bois, métal, acoustique et CVC a nécessité un arbitrage permanent sur les interfaces, notamment pour la toile tendue micro-perforée du gymnase et ses fonctions combinées de plafond, d’absorption acoustique et d’habillage des réseaux.
Les défis techniques relevés
Le gymnase à toile tendue présente une contradiction inhérente entre performance acoustique et performance thermique. La toile est, par nature, incapable d’atteindre un affaiblissement acoustique suffisant sans traitement complémentaire ; le programme imposait pourtant de réduire la réverbération d’un volume sportif à grande portée, exposé par ailleurs aux bruits extérieurs d’une voie ferrée de catégorie 2. La réponse technique a consisté à spécifier une toile micro-perforée associée à un matelas de laine de roche, permettant un coefficient d’absorption αw ≥ 0,60 en périphérie haute du gymnase sur une hauteur minimale de 2,50 mètres. Cette solution, coordonnée entre les lots charpente, toile et plafond tendu, permet d’atteindre le seuil de durée de réverbération Tr ≤ 0,1 V^(1/3) requis par la norme NF P 90-207 pour les volumes supérieurs à 250 m³, tout en préservant la liberté architecturale de la toile visible.
La salle d’escrime, traitée en parpaing enduit avec ITE, répond à des usages radicalement différents du gymnase : silence, concentration, pratique en compétition elite. Son traitement CVC autonome (CTA double flux 4 500 m³/h avec récupérateur à 82 % et PAC air-air pour le chauffage) a été dimensionné de façon indépendante du reste du bâtiment, permettant un fonctionnement en dehors des heures scolaires sans pénaliser la consommation énergétique globale. L’étude thermique, réalisée sous RT2012 avec simulation volontaire selon les indicateurs RE2020, confirme une consommation Cep de 58,7 kWhEP/m²/an pour les zones régulées, très en deçà du seuil réglementaire de 191,3 kWhEP/m²/an, grâce notamment à la production d’énergie renouvelable sur site (−196,9 kWhEP/m² en contribution EnR).